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L’Hermione dans le sillage de Brest 92

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Article posté le 10 août 2015

La frégate L’Hermione est à Brest pour sept jours, jusqu’au lundi 17 août. Sa construction a représenté un formidable défi. Mais l’idée aurait-elle été lancée, en 1993, s’il n’y avait eu un an plus tôt le retentissant succès de Brest 92 et du concours des Bateaux des côtes de France ?

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Après une tournée très médiatisée sur la côte Est des Etats-Unis, à l’occasion de la fête nationale de l’Indépendance (4 juillet), la frégate L’Hermione est à quai pour une semaine à Brest. Des milliers de visiteurs sont attendus à bord pour faire ample connaissance avec la réplique du trois-mâts qui, en 1780, emmena le marquis de La Fayette à la rencontre des insurgés américains, soulevés contre la puissance coloniale britannique. Il venait leur apporter l’assurance que le royaume de France serait à leurs côtés.

La Fayette à Brest en 1779

Ce n’était pas le premier voyage transatlantique du « héros des deux mondes » qui avait déjà mis les pieds dans les lointaines Amériques pour un premier contact avec les insurgés. En 1779, il en était revenu en débarquant par Brest, alors premier port du royaume, pour rendre compte au roi de la situation sur place et de l’intérêt de soutenir les insurgés. La Fayette aurait d’ailleurs pu croiser sur ces quais brestois un autre grand aventurier de ce temps : Jean-François de Lapérouse. Louis XVI allait nommer ce grand officier de sa Marine Royale pour mener la plus formidable mission d’exploration de l’Ancien Régime. A bord de l’Astrolabe et La Boussole, plus de 200 scientifiques et marins quitteront Brest en 1785. Mais deux ans plus tard, l’expédition allait s’achever tragiquement. Les deux navires, un soir de tempête, sombrèrent devant la sinistre île de Vanikoro, dans le Pacifique sud.

La construction de L’Hermione aura duré 17 ans mais les initiateurs du projet n’avaient nullement besoin d’accélérer le mouvement. Comme ce fut le cas en Hollande avec le Batavia, le chantier de construction fut l’un des principaux modes de financement du projet puisqu’il attira des centaines de milliers de visiteurs, venant ainsi apporter leur contribution à ce projet hors normes.
Et les sept amis qui en lancèrent l’idée, en 1993, avaient eu l’assurance, un an plus tôt, qu’un formidable engouement populaire accompagnait le grand retour de la marine traditionnelle et des vieux gréements de toutes envergures.

La garantie Brest 92

Un an plus tôt, ce fut effectivement le retentissant succès de Brest 92 qui attira des centaines de milliers de visiteurs dans les ports de Brest et Douarnenez. Déjà, dans les années précédentes, le port sud-finistérien avait apporté la preuve de l’attrait du public pour la marine traditionnelle mais avec Brest 92, on changeait d’échelle. Ce n’était plus un rassemblement de bateaux des côtes atlantiques mais un véritable rendez-vous mondial avec ses 3.000 inscrits. Le pari était risqué puisqu’un gros investissement avait été consenti par la ville et ses partenaires, sans garantie d’un retour à hauteur des efforts consentis. Mais dès le premier jour de la fête, il n’y eut pas le moindre doute : le succès était déjà au delà des espérances tant les quais étaient noirs de monde.

Brest 92 et le lancement de la Recouvrance au cœur de la fête, avaient ainsi servi de révélateur d’un engouement populaire sans précédent pour les vieux navires. Du côté de Rochefort, un an plus tard, les initiateurs du projet de construction de L’Hermione eurent ainsi l’assurance que leur chantier ne tournerait pas au monumental fiasco. Et ils y allèrent avec foi et enthousiasme, donnant du temps au temps pour mener la construction à bien.

En accostant à Brest pour une semaine, L’Hermione rend donc ainsi hommage au passage de Lafayette sur ces mêmes quais, en 1779, mais cette escale également un clin d’oeil virtuel à Brest 92, le premier grand rassemblement qui révéla cet engouement nouveau pour la marine traditionnelle et fut à l’origine de plusieurs reconstructions de navires.

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