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Le saint breton de la semaine : Santig Du, le déchaussé

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Article posté le 15 décembre 2014

En ce 15 décembre, on célèbre Santig Du dans le calendrier des saints bretons. Mort le 15 décembre 1349, il fut emporté par la peste à Quimper alors que depuis des mois il se multipliait auprès des malades et donnait les derniers sacrements aux mourants.

Photo : malkovitch / Flickr / creative commons
Photo : malkovitch / Flickr / creative commons

Santig Du ! Le petit saint noir. Ainsi est affectueusement surnommé ce saint homme dont on ne connait pas le nom de famille mais seulement le prénom, Jean ou plus habituellement Yannig. Ti’ Jean en breton du Léon où l’enfant vit le jour en 1280,  en la paroisse de Saint-Vougay.

Toujours pieds nus

Il y développa de réels dons pour la construction au point de devenir d’abord maçon avant de partir étudier à Rennes. Comme tout bon étudiant léonard, il aurait pu fréquenter la rue de la soif (il y en avait sûrement déjà une) et partir régulièrement en riboul. Mais lui, non ! Porté par la foi, il suivit si pieusement ses études théologiques qu’il fut ordonné prêtre et resta durant treize ans dans la paroisse de Saint-Grégoire.

En bon franciscain qu’il était, Jean préféra abandonner le confort de sa paroisse pour s’en retourner vers la pointe d’Armorique, parcourant toujours les routes pieds nus, vivant de privations et de charité selon les préceptes de son ordre mendiant. Il y gagna le surnom de Jean Discalceat, bretonnisme issu du latin « discalceatus  » (le déchaussé). On l’appela aussi Jean Divoutou (sans sabots) et la population lui voua une telle dévotion qu’elle le fit saint « par vox populi », sacrement que Rome ne lui accorda point.

La guerre puis la peste

De Rennes, Jean Discalceat traversa la Bretagne pour rejoindre le couvent des Cinq Cordeliers à Quimper où la vie était bien plus austère qu’à Rennes. Le saint homme trouva ici un environnement d’autant plus en accord avec son ordre franciscain que les Cavaliers de l’Apocalypse s’acharnèrent sur Quimper-Corentin. La guerre de succession de Bretagne entre les Montfort et les Blois est à l’origine du terrible siège de la ville qui dura deux ans.

A peine les horreurs de la guerre étaient-elles éloignées que cette fois c’est la peste noire qui s’abattit sur la ville. Au service des malades, Jean Discalceat y laissa la vie et on ne sait si c’est son visage noir après la mort (comme tous les pestiférés) ou la couleur grise de sa robe de grosse toile qui lui valut ce surnom de Santik Du mais il a survécu jusqu’à nous, bien qu’une statue le réprésentant fût brûlée en place publique pendant la Révolution.

Dans la cathédrale de Quimper, l’actuelle statue du petit saint noir est l’objet d’un culte très ancien, les visiteurs étant invités à déposer du pain que viendront chercher les nécessiteux. Mais Santig Du a aussi la solide réputation d’aider les fidèles à retrouver ce qu’ils ont perdu. Si vous ne trouvez plus vos clefs de voiture, votre portable ou même le code d’accès à votre immeuble, venez voir Santig Du. Il vous aidera. Et n’oubliez pas de laisser une petite pièce pour le service…

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LOGO OFFICIELEt pour en savoir plus sur les tous les saints bretons, rendez-vous sur le site de la Vallée des Saints. Situé à Carnoët, dans les Côtes d’Armor, la Vallée des Saints est une « île de Pâques » bretonne qui regroupera à terme 1000 statues monumentales de 4 mètres de haut représentant les saints bretons. Le site, ouvert au public et gratuit, en compte pour l’instant une cinquantaine.

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