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Et si on lançait un nouvel hymne breton ?

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5 commentaires
Article posté le 7 juillet 2014

Nolwen Leroy détient depuis peu le record d’audience. De quoi ? Du Bro gozh, l’hymne breton qu’elle a interprété pour la finale 2014 de la Coupe de France Guingamp-Rennes (2-0) au Stade de France.

En 2009, pour la même affiche et dans le même cadre, Alan Stivell avait lui aussi entonné l’air breton a capella mais en dehors de l’horaire de retransmission télé. Nolwen Leroy, elle, eut le privilège de l’interprêter devant les caméras de France 2, juste avant La Marseillaise, ce qui lui vaut de détenir un record d’audience de cinq millions de téléspectateurs.

Cette performance est d’autant plus méritée que la chanteuse d’origine bretonne est celle qui entonne le plus souvent l’hymne breton sur les ondes, le faisant sortir d’un relatif anonymat. Car il suffisait d’être au Stade de France, ce soir-là, pour mesurer à quel point ce chant reste confidentiel chez les supporters qui ont bien du mal à l’entonner, même quand on leur fournit les paroles en format A3. Alan Stivell est d’ailleurs le premier à reconnaître et à regretter que les jeunes générations soient aussi ignorantes de cet air qui, il faut bien reconnaitre, n’est pas le plus facile à chanter avec son rythme lent commençant dans des basses de baryton. D’ailleurs, même dans les écoles Diwan, il n’est pas au programme de ce que les enfants chantent en fin d’année scolaire devant leurs parents attendris.

Nos ancêtres les Gallois…

Les origines de ce chant, ce n’est en Bretagne mais au Pays de Galles qu’il faut aller les chercher. Le Bro gozh ma zadou (« Vieux pays de mes pères ») est une adaptation de l’hymne du Pays de Galles que les amateurs de rugby peuvent entendre en introduction des matchs du XV gallois. Et dans l’antre du Millenium Stadium (ex-Arms Park) c’est bien sûr d’une tout autre tonalité qu’au Stade de France bretonnisé puisqu’ici tout le monde entonne a pleins poumons comme si le sort du pays en dépendait. Pourquoi le Pays de Galles ? Parce qu’à la fin du XIXe siècle, les régionalistes bretons aux penchants indépendantistes clairement assumés, se passionnent pour le celtisme auquel le « Bazaz breizh » a apporté des lettres de noblesse. Ce travail considérable de La Villemarqué a permis de recueillir par tradition orale ce que l’écrit n’avait pas laissé sur l’héritage de la civilisation celte. Dans le droit fil de cette renaissance, des Bretons se passionnent pour le Pays de Galles, pour l’Ecosse, pour l’Irlande… Et en 1903, lors d’un congrès à Lesneven, le Bro gozh, adaptation du gallois par François Jaffrenou, est reconnu par ces régionalistes comme hymne breton bien qu’il n’en ait jamais eu le statut. C’est l’usage qui lui a valu ce privilège même s’il arriva que son créateur breton soit quelque peu inquiété à la Libération.

En choeur au conseil régional

Alors, une région à l’identité aussi forte que la Bretagne peut-t-elle s’offrir le paradoxe de n’avoir pour hymne qu’un air emprunté à un pays voisin, relativement difficile à chanter et dont l’air est bien moins connu que Tri Martolod ou La Blanche Hermine, ces chants bretons que tout le monde a en tête. Le Bro Gozh, lui, nécessite que quelqu’un lance les premières notes pour que chacun se remémorre cet air qui reste tout de même rarement joué, pas même aux Vieilles Charrues, plus grand festival de France, où Nolwen Leroy, il est vrai, n’a jamais été conviée.

Certes, le conseil régional de Bretagne a montré l’exemple, le 24 juin 2011 en entonnant le Bro Goz dans la grande salle d’assemblée. Tous les élus droits comme des I, tenant les paroles bien en main, avec Jean-Yves Le Drian dans le rôle de Stivell et Bernadette Malgorn dans celui de Nolwen Leroy puisque celle qui fut la première préfète de région, est une adepte de ce chant qu’elle entonne parfois a capella, y compris lors d’événements publics.

Mais pourquoi donc la conseil régional a-t-il ainsi pris le parti d’entonner l’hymne en séance publique ? Pour une victoire du Stade Rennais en Coupe de Bretagne ? Pour demander la protection du ciel contre une météo capricieuse ? Pour saluer le passage du Tour de France ? Non, non, c’était pour la visite du Premier ministre gallois, Carwyn Jones. C’est dire tout de même si l’hymne reste connoté puisqu’il faut une référence marquée è ses origines galloises pour qu’il soit entonné à l’assemblée régionale.

Alors, le Bro gozh a-t-il vraiment l’envergure d’un hymne pour la Bretagne ? Sa réelle méconnaissance par les jeunes, la difficulté à le chanter, ses racines galloises pour la partition comme pour les paroles… Tout cela mérite réflexion à l’heure où le chamboule-tout régional laisse l’espoir pour beaucoup d’un retour aux historiques frontières de la Bretagne, Loire-Atlantique incluse. Sans pour autant tirer un trait sur le Bro gozh, l’occasion n’est-elle pas idéale pour crier un hymne véritablement breton, 100 % pur beurre ? Quand on possède des références comme Stivell, Servat, Tri Yann et toute le florissante pépinière bretonne, pourquoi ne pas saisir l’occasion pour créer un hymne nouveau, facile à chanter et accessible à tous, célébrant la grande réunification en devenant le chant de ralliement d’une Bretagne moderne ?

La question est sur le tapis.
Elle mérite au moins réflexion.

Julien Perez

5 avis sur “Et si on lançait un nouvel hymne breton ?”

  1. Pur Beur

    bonne idée !

    mais par pitié ni en rap ni en slam !!!

  2. Schwank

    C’est du n’importe quoi.
    Ce n’est pas dur à apprendre, quand on aime son Pays, on connaît son hymne national.
    Le God save the King est au départ un chant à la gloire de Louis XIV créé par Lully.

  3. ben non

    la question n’est plus sur le tapis elle est au tapis : Le Bro Gozh et rien d’autre.
    Logiquement, la région devrait financer son apprentissage dans les écoles, et dans les structures associatives (culturelles ou sportives).

  4. Keravel

    Si on en change, je vote pour « Gwir Vretoned » ! Tout un programme.

  5. Spanish bretonne

    Beeen, moi je suis espagnole d’origine et bretonne de coeur et je connais le Bro Gozh… ¬¬

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