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Le saint breton de la semaine : Eflam, l’époux solitaire

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3 commentaires
Article posté le 6 novembre 2014

En ce 6 novembre, on fête la Saint-Eflam ou Efflam (lumineux, en celtique) l’un de ces nombreux saints bretons qui vécurent en ermite. A ce détail près qu’Eflam avait auparavant déclaré sa flamme à une jeune fille, Enora, qui devait être d’un très bon tempérament. Car quoique mariée à lui, elle accepta de rester à distance pour le laisser accomplir son rêve de vivre en ermite. Sympa la jeune mariée !

Photo : wikipedia
Photo : wikipedia

Tout ceci, comme c’est souvent le cas avec nos saints bretons, démarre de l’autre côté de la Manche où les guerres se succèdent entre les rois d’Irlande et du Pays-de-Galles. Ils ne pensent qu’à ça ! Jusqu’au jour où tout le monde en ayant un peu marre de cet échange perpétuel de châtaignes et de marrons, on jugea qu’il était temps de sceller la paix. Et en ces temps très reculés, il n’y avait rien de mieux qu’un mariage en bonne et due forme pour calmer toutes les velléités de retourner sur le champ guerroyer.

Enora, sainte femme

Ainsi donc furent mariés Eflam et Enora, enfants des deux familles ennemies. Mais sans doute un peu agacés par l’ambiance encore glaciale entre les deux clans, ils décident de partir pour la petite Bretagne où ils débarquent à Plestin-les-Grèves comme le rappelle encore un gisant de Saint-Eflam. La cohabitation du couple allait cependant être très brève. Têtu comme un Armoricain, Eflam ne désirait qu’une chose : vivre en ermite. Seul. Coupé du monde.

Comme n’importe quelle femme confrontée à cette vexante situation, Enora aurait pu lui souffler dans les bronches et lui lancer en signe de rupture consommée : « Je retourne chez ma mère ». Hé bien, non ! Enora, c’est une sainte. Elle accepte qu’il aille vivre sur son rocher, mais dans l’impossibilité de lui donner son 06, Eflam lui promet de faire sonner une cloche tous les matins pour lui dire tout son amour. Faute de témoin, on se sait trop comment un tel mariage a pu perdurer mais il tint jusqu’au bout, avec juste une corneille au bec de corail pour servir de messagère en cas de besoin. C’est dire si tout ceci manqua d’intimité.

Le dernier vol de la corneille

Mais un jour, très longtemps plus tard, la corneille eut un vol étrange. Et un comportement très singulier. Eflam comprit que son épouse allait mourir. Il eut le temps de lui dire une dernière fois tout son amour avant qu’elle ne rende son dernier souffle. Et il repartit sur son rocher poursuivre son existence exemplaire.
Alors, ami lecteur, si tes pas te poussent jusqu’à la Vallée des Saints, arrête-toi devant l’imposante statue de Saint-Eflam. Et ta pensée ira aussi vers Enora, fidèle compagne qui tout au long de son existence, vécut son amour à distance.

Julien Perez

VALLEE SAINTS
 
 
Et pour en savoir plus sur les tous les saints bretons, rendez-vous sur le site de la Vallée des Saints. Situé à Carnoët, dans les Côtes d’Armor, la Vallée des Saints est une « île de Pâques » bretonne qui regroupera à terme 1000 statues monumentales de 4 mètres de haut représentant les saints bretons. Le site, ouvert au public et gratuit, en compte pour l’instant une cinquantaine.

3 avis sur “Le saint breton de la semaine : Eflam, l’époux solitaire”

  1. Amie5978

    St Nicolas de Flue, le St Patron de la Suisse, lui, a fait 10 enfants à sa femme avant de partir vivre en ermite…Mais avec St Efflam, ya pas d’âge pour la folie de Dieu, visiblement…quoique, élever 10 enfants, c’est plutôt pire que de vivre en ermite…non ?

  2. http://paysages-tschirhart.fr

    siecle , les premiers saints bretons sont attestes, probablement du fait que de nombreux clercs organisent les mouvements migratoires entre la Grande et la Petite Bretagne. Le reseau des paroisses est deja dense sur le territoire armoricain au VI

  3. Site web

    siecle , les premiers saints bretons sont attestes, probablement du fait que de nombreux clercs organisent les mouvements migratoires entre la Grande et la Petite Bretagne. Le reseau des paroisses est deja dense sur le territoire armoricain au VI

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