mabretagne.com > La Bretagne > Actualités > Il y a un an, les premiers Bonnets Rouges

Il y a un an, les premiers Bonnets Rouges

Infos:
2 commentaires
Article posté le 24 octobre 2014

Le 26 octobre prochain, on soufflera une première bougie, celle des étincelles de Pont Buis qui, en octobre 2013, allaient allumer le mouvement des Bonnets Rouges. L’écotaxe était alors honnie et, au soir du 26, un portique piquait du nez. Le premier d’une série qui allait avoir raison de l’écotaxe.

Photo : Les Bonnets Rouges lors de la manifestation de Quimper le 2 novembre 2013. @ Dominique Leroux
Photo : Les Bonnets Rouges lors de la manifestation de Quimper le 2 novembre 2013. @ Dominique Leroux

Ce premier anniversaire est l’occasion de revenir sur l’inéluctable conclusion d’un combat qui était perdu d’avance pour l’Etat. Vis à vis de la Bretagne, l’écotaxe présentait plus de défauts de confection qu’une 2 CV conduite par Bourvil…

Tout d’abord, l’écotaxe était un impôt sur le handicap. Plus on était éloigné, plus on payait. Pas besoin de sortir de Saint-Cyr, ou de l’ENA, pour voir qu’il y avait là un problème. Habituellement, c’est l’inverse : on accorde des dégrèvements ou des franchises de taxes aux secteurs les plus périphériques pour réduire le handicap de la distance. Regardez la zone franche en Corse. Cela semble logique. L’écotaxe en Bretagne, c’est comme si on taxait les croquettes des chiens d’aveugle ! Monstrueux, non ?

Un très mauvais timing

De plus, en 2013, la taxe arrive au plus mauvais moment. L’agro-alimentaire est en train de s’effondrer à la pointe bretonne. Doux, Gad, Tilly-Sabco, Marine-Harvest : l’ouest de la Bretagne traverse une tempête comme il n’en a jamais connue. Et c’est juste à ce moment là que Jean-Marc Ayrault, l’ami des camping-cars, décide de camper sur ses positions : il confirme le maintien de l’écotaxe malgré une note confidentielle signée des quatre préfets bretons annonçant que la situation est explosive et incompatible avec le lancement d’un nouvel impot basé justement sur le transport. Pour l’ancien Premier ministre, partisan de l’aéroport de Notre Dame des Landes, les projets relatifs aux transports n’ont décidément rien d’amoureux. Pour l’écotaxe en tout cas, le timing ne pouvait pas être plus mauvais.

Un impôt visible

Enfin, le pompon sur le gâteau – parce que franchement la cerise c’est trop petit – c’est que pour la première fois dans l’histoire moderne, un nouvel impôt était matérialisé par des portiques installés le long des routes nationales. Comme une véritable provocation. Les portiques, fourches caudines modernes, n’ont fait que décupler la colère des Bretons qui n’ont eu aucun mal à les mettre à terre.

Le 26 octobre, c’est d’ailleurs plus sur des cendres que sur une bougie que les anti- écotaxe pourront souffler. Le projet a été abandonné en juin. Un système de vignette est à l’étude pour remplacer le défunt système.

C’est sûr, les vignettes, c’est plus discret.

Julien Perez

2 avis sur “Il y a un an, les premiers Bonnets Rouges”

  1. MOTTE Michel

    l’ECO TAXE n’est que l’une des nombreuses taxes initiées par le tandem Sarkozy/Borloo au nom de l’Ecologie et du Grenelle de l’environnement. Je travaille dans le secteur de l’équipement en mobilier professionnel(bureaux/collectivités) et depuis mai 2013 nous appliquons une ECO-Contribution(également appliquée dans le secteur Habitat) basée sur le poids: plus le mobilier est lourd(et donc à priori pérènne) plus il est taxé ! Une surcharge de travail pour les entreprises devenues percepteurs pour l’Etat…sans création d’emploi et un subtile détournement des lois et de la naturelle concurrence intra-communautaire…Alors BRAVO les BRETONS!

    1. Julien Perez

      On marche sur la tête parfois, non ?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *