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Le vin de Bretagne, c’est pour bientôt ?

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Article posté le 13 novembre 2014

La Bretagne deviendra-t-elle un jour une terre viticole ? La question se pose alors que des projets existent aux quatre coins de la région, et notamment dans le Morbihan où les conditions climatiques sont les plus propices à la culture des vignes. En 2016, une réforme européenne pourrait permettre de voir les premiers vins Made in Bretagne.

Photo : Flickr / Creative Commons / Jenny Downing
Photo : Flickr / Creative Commons / Jenny Downing

La Bretagne et le vin, c’est l’histoire d’un amour contrarié, une relation empêchée par le climat et les rois de France, rien que ça, comme l’explique le sommelier Christophe Boisselier sur son blog :

Suite au refroidissement climatique du 10eme siècle et aux décrets royaux des 17eme et 18eme siècles défavorables à la production de vins en Bretagne, la vigne a pratiquement disparu de la péninsule à l’exception du vignoble nantais, lié aux activités du port de Nantes.

A part le muscadet en Loire-Atlantique donc, les Bretons se sont fait une raisin raison depuis longtemps. Et si l’on voit fleurir parfois, dans les bistrots bretons, un écriteau « le vin d’ici est meilleur que l’eau de là », ce n’est qu’un message d’espoir qui nous annonce qu’un jour peut-être le vin de la révolte sonnera dans la campagne bretonne !

Bon, on n’en est pas encore là et les Bonnets du rouge ne battent pas encore le pavé pour réclamer le litron breton. D’ailleurs, nous diront certains, il n’y a qu’à planter des vignes si l’on veut des cuvées locales. Certes. De nombreux Bretons le font déjà. On estime ainsi entre 100 et 200 le nombre de viticulteurs en Bretagne (photo ci-dessous). Mais ils ne commercialisent pas. Ils n’en ont pas le droit.

Photo : Le coteau du Braden à Quimper. http://pipette.canalblog.com/
Photo : Le coteau du Braden à Quimper. http ://pipette.canalblog.com/

La Bretagne, le polichinelle dans le terroir ?

En France, le vin est chose sérieuse et il est très compliqué de planter et d’exploiter la vigne. Surtout si la loi considère le département comme non-viticole, ce qui est le cas du Finistère, de l’Ille et Vilaine et des Côtes d’Armor. Néanmoins, l’Europe, et sa volonté permanente de libéralisation, va peut-être faire bouger les lignes. En 2016, les droits de plantations vont être remplacés par des autorisations de plantation. Un système plus souple qui pourrait ouvrir des portes, notamment dans le Morbihan, qui , ça tombe bien, est encore considéré légalement comme viticole…

Sur la presqu’île de Rhuys, à Sarzeau, deux projets arrivent à maturation. Deux autres pourraient voir le jour à Ilur et Arz. Et c’est du sérieux ! On leur souhaite bien du courage quand même car dans un rapport d’une commission au Sénat, deux élus du Gard et de la Gironde, les deux plus grosses régions productrices de vin en hectolitres, ont souligné le danger de la multiplication des vignes, notamment en Bretagne. Sympa les gars ! Mais on comprend leur inquiétude à la lecture d’un article de Ouest France vantant les mérites du terroir breton :

Les conditions climatiques équivalentes voire même meilleures que d’autres grands vignobles (Muscadet, Anjou, Beaujolais et même Côtes du Rhône) et la composition des sols (granite, gneiss et micaschistes) permettraient l’épanouissement des vignes.

Alors, la Bretagne deviendra t’elle bientôt le polichinelle dans le terroir français ? A voir.

Bientôt un château Haut-Belon ou un Ban-Dol de Bretagne ?

En tout cas, cette ouverture possible nous inspire déjà des noms de cuvées bretonnes prestigieuses. Oui, demain, nous espérons qu’il sera possible, à la place du Haut-Brion, de dénicher un petit Haut-Belon qui accompagnera parfaitement les huîtres. Mieux que le château Kirwann, nous produirons un somptueux château Diwann, avec étiquetage bilingue obligatoire. Et plus puissant qu’un château Latour, nous proposerons au monde entier notre château Tro Breizh (le tour de Bretagne) dont le slogan « le vin qui réjouit le pélerin » sera reconnu de Locronan à Compostelle. Et ce n’est qu’un début. Pensez à tout ce que l’on pourra faire avec le chateau pied-Bruz, les coteaux du Redon, le Ban-Dol de Bretagne, le Pont-Tavel…
Avec tout cela, la Bretagne pourrait casser la barrique !

Saint Emilion était breton !

Ce serait une vraie victoire pour la Bretagne que de pouvoir produire du vin sur son territoire. Surtout, il s’agirait d’une réparation historique. Dans le Bordelais, l’un des vignobles le plus connu, celui de Saint-Emilion, doit son nom à… un saint breton ! Saint Emilion est en effet né à Vannes où il fut intendant d’un comte. Alors, si le saint le plus célèbre du vignoble mondial est breton, ce serait quand même une terrible injustice que la Bretagne armoricaine ne puisse se prévaloir d’un ou deux petits crus.

Qu’en pensez-vous ?

Julien Perez

PS : nous avons emprunté la savoureuse expression « le polichinelle dans le terroir » à un certain René P., qui se reconnaîtra. Avec toute notre gratitude et notre admiration.

11 avis sur “Le vin de Bretagne, c’est pour bientôt ?”

  1. info@vignerons-artisans-de-bretagne.com

    Votre site laisse entendre qu’il n’y a plus de vignes en Bretagne.
    Le Vignoble Nantais est le premier vignoble en blanc sec d’Europe et un des tous premiers d’Europe.
    Votre démarche est très choquante si vous ne précisez pas « en dehors du Pays du Vignoble Nantais.
    Je vous invite çà rectifier au plus vite.
    Et ce serait avec plaisir ensuite que l’on pourrait envisager un partenariat. Des liens respectifs par exemple ?
    A GAlon
    Pour vignerons-artisans-de-bretagne
    Alan CORAUD

    1. Julien Perez

      Bonjour Alan,

      nous commençons bien notre texte en précisant « A part le muscadet en Loire-Atlantique donc » en rapport à l’exergue précédente.

      Bonne journée !

      1. Naja

        Très étonné de te voir naviguer en de telles eaux …

        Jérôme.

        1. Julien Perez

          On ne fait pas un métier facile !

  2. Goëau

    « Anne de Bretagne » me convient parfaitement… s’il est bon… et je n’en doute pas !

  3. buet th

    LE MONT GARRO ,situé sur la commune de saint suliac 35 ,entre deux mer ,il y a déja des vignes implantées sur ces coteaux ,l’air marin le soleil et une terre reposer et bien ensolleiller ,un bon cru BRETON .je ne sais s’il a déja un nom mais pour moi vu l’emplacement ,je le batiserai comme cela .( le COTE DE MONT GARRO ) les SULIACAIS serai surpris de voir un vin au nom de leur mont .merci a vous bonne fin de journée

    1. Julien Perez

      Bonjour Thierry,

      nous avons en effet découvert l’existence de cette vigne en feuilletant Internet. Peut-être l’occasion d’un prochain papier s’ils nous invitent à une dégustation !

      Bonne soirée

  4. jeanclement

    « Louvigné » a pour signification « le loup dans la vigne ». En Ille et Vilaine, il y a « Louvigné de Bais » (où je suis né), « Louvigné du Désert ». En Mayenne, il y a aussi un « Louvigné ». Historiquement, on m’a raconté qu’on faisait du vin, c’était du vin de messe, mais une horrible piquette. Si on fait du muscadet et du gros plant en Loire Atlantique (terre historiquement bretonne), pourquoi ne peut-on pas en faire un peu plus loin ?

  5. Poinson

    Bonjour, le titre de cet article est choquant : « Le vin de Bretagne c’est pour bientôt ? », comme si il n’existait pas ou n’avais jamais existé un vin en Bretagne, la seule, la vraie, celle historique et pas celle administrative que vous semblez défendre en tenant de tel propos. Le vignoble nantais a toujours été le principal vignoble de Bretagne et ce depuis des siècles, malheureusement pour nous la ligériose à fait son oeuvre et seuls face à la machine ligérienne, les vignerons du pays du vignoble nantais breton ont du baisser pavillon et s’asseoir sur leurs racines. Seule une poignée d’irréductibles qui se battent pour la sauvegarde de notre identité résiste encore et toujours à l’envahisseur. En agissant de la sorte vous leur tirez une balle dans le dos…peut être involontairement…du moins je l’espère ! Je comprends que le filon commercial intéresse certains vignerons de la région administrée de Rennes, mais plutôt que de tenter de tirer partie de ce déni démocratique qui nous pousse à rester en ligériose, sans doute sera t-il préférable d’unir les vignerons de la région administrative de Rennes et de la Loire-Atlantique. Le combat a mener n’est pas le combat de rennes contre nantes (ou l’inverse d’ailleurs), mais bien celui de notre identité, de notre patrimoine, contre ceux qui tente de l’effacer…Merci. Karl

    1. Josso Christophe

      Bonjour,
      Certains ont de la chance, ma critique du titre : « Le vin de Bretagne c’est pour bientôt? » a été supprimé, Visiblement il est difficile de défendre la Loire-Atlantique en Bretagne. Cela fait bien évidemment des siècles et des siècles qu’il y a de grands vignobles en Bretagne. C’est très agaçant les approximations historiques, et ce mépris pour les habitants d’un cinquième du territoire breton.
      Ch. Josso

  6. plante-palombino

    Bonjour,

    Mon compagnon à laissait ses cendres dans les vignes Savoyarde D’Arbin, en sa mémoire j’aimerai mettre une petite vigne sur le terrain de la maison ou il est décédait dans les Côtes d’Armor, qui peut m’aider par des conseils judicieux et par des connaissances dans le vin ! ainsi il ne sera pas décédé en Vain.

    Patricia

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